.«Vous croyez que j'embellis le monde ? Perdu, j'le bousille. ».


Je n'active pas les commentaires en raison du nombre de publicité. La messagerie reste cependant ouverte et je prends toujours un réel plaisir à lire vos messages. Pour les nouvelles, prévenez moi si vous lisez cette histoire. J'aime savoir qui lit. Vous pouvez poser des questions, sans problèmes. Sur ce, bonne lecture.





Critique de Sophie.

« On sort d'Etrangle moi, après des années d'absence pour revenir avec une toute autre histoire, prenante. Le concept est différent, très provocant. Les mots que tu sors, que tu utilises font de toi quelqu'un de grand. Les phrases sont dynamiques, aimantes à tout point de vue. On ressent beaucoup de chose... , de la haine, du doute. Un bon cocktail comme tu aimes les faire. On s'attache rapidement au personnage, la fameuse Chloé qui reste complètement mystérieuse. On ne connait pas encore grand chose d'elle, si ce n'est l'état de sa mère. Bref bref, comme à ton habitude, tu sais y mettre du tien. Et du tien il y en a là dedans... du début à la fin. On découvre les facettes du Bill, apeuré par son entourage, mais accroché à la fois. On prend plaisir à lire, avec une bonne grimace. On doute, on réfléchit.., on espère à chaque fin de chapitre ! On ne sait jamais à quoi s'attendre. Te connaissant... ou plutôt connaissant tes écrits, la fin promet d'être aberrante, non ? J'attends de toi le meilleur ! Que dire d'autres.. le passé reste encore inconnu, on va le savoir bientôt je sens. Je crois avoir tout dit, ton talent est unique, le vécu y est. On le sent, on le devine facilement, vu comme tu décris chaque passage, chaque sentiment. Bravo à toi, bravo à tes écrits, à tes mots. Bravo d'être encore là. Continue comme ça, c'est magnifique. » ♥

# Posté le mardi 22 septembre 2009 10:49

Modifié le dimanche 29 novembre 2009 14:18

. «Je fume pour oublier que tu bois.» .

. «Je fume pour oublier que tu bois.» .


Je n'ai jamais eu l'occasion d'être dépendante de quelqu'un, de m'accrocher à sa peau au point de la faire saigner. Et pour tout vous dire, je m'en réjouies. L'envie de me morfondre dans les bras d'un amant ne me tente pas, ne m'a jamais pris au dépourvu. En revanche, je jubile de plaisir à l'idée de savoir que plusieurs personnes sont totalement ou partiellement dépendantes de mon corps, de mon état d'âme, de ma chair et de mes os. A l'évidence, je crois que mon coeur n'est qu'un organe qui pompe mon sang, qui le régénère ; & non un espèce de bordel à sentiments, un bordel à merde. Je balance des paroles, des mots qui ne sont, en réalité, que foutaise. J'apprends à manier mon entourage avec le bout de mes doigts. Tout mot sortant de ma bouche n'est qu'en réalité du mensonge pur pour arriver à mes fins. Je ne peux pas me débarrasser de cette manie et je crois que toute cette inhumanité en moi se raccorde parfaitement aux gênes de ma mère qui m'a présenté fièrement mon troisième beau-père il y a peu de temps. Goûteux. Entre manipulation et mensonge, je crains ne m'être perdue.


Paranoïa.

# Posté le lundi 24 août 2009 05:04

Modifié le dimanche 29 novembre 2009 13:59

. Chapitre 1..«Qui serait l'adversaire, entre nous qui serait le plus malin ?»

. Chapitre 1..«Qui serait l'adversaire, entre nous qui serait le plus malin ?»



Je ne sais pas, je ne sais plus. Je ne me rappelle plus pourquoi. Pourquoi ces actes, pourquoi cette chute. Je n'aime pas les questions qui ne correspondent à aucune réponse, qui ne s'emboitent pas. J'ai toujours été comme ça. Que puis-je dire d'autres ? Vous mentir ? Encore et encore. Je dois remplir vos cerveaux de mensonges et de mesquineries plutôt que vous laissez ce vide si vrai, si réel. Je n'ai pas d'excuses à vous faire, ni même des regrets à vous balancer. Je ne sais que cracher cette fumée arrogante sur vos visages. Je ne sais que prendre votre gorge à sang. Je suis une garce, un monstre du 21ème siècle, comme beaucoup d'autres personnes. Comme je dis toujours, on ne se refait pas.


Je plane. Je ne peux m'empêcher de succomber à cet instant si prenant, si envoutant. Je n'y résiste pas, je m'y glisse, je m'y fane avec ardeur, avec inattention. J'y goûte chaque soir de fête, à chaque latte que j'ose tirer, à chaque pilule avalée. Je m'y installe, je m'y dévoile. Je reste fade et tout tourne comme un manège, un tant soit peu bousillé. Ma tête tombe en arrière, se posant sur le canapé. J'écrase le mégot de joint sur un endroit du canapé avant de rallumer une clope tout en sentant des lèvres froides et tremblantes s'épuisaient sur ma peau, s'épuisaient dans mon cou. Je ne prends pas la peine de regarder cette proie qui vient sans nul doute mourir sur ma peau & tire sur ma clope le plus longuement possible.


Malgré une vue incertaine, j'aperçois au loin une connaissance et me lève laissant ces lèvres partirent ailleurs. Tête haute avec un air hautain, je marche droite m'avançant dans un coin du grand salon que j'appellerais à l'heure actuelle plus un bordel qu'un salon. Mais il ne s'agit que de mon avis. Je prends au passage un verre d'alcool, puis par prudence et connaissance, rejette le verre avant de m'en servir un moi même. J'arrive face à cet homme, ce jeune homme touchant du bout de ses doigts les vingts ans et quelques. Ses cheveux mal coiffés lui donnent l'air d'un mec blasé. Du regard je jette la fille qu'il courtisait avant de prendre sa place et de boire mon verre tout en le fixant odieusement. Ce mec là, tout le monde le respectait. Il était beau et séduisant certes, mais ce n'est pas ça qui imposait le respect. C'était dû à tout. A sa façon de se tenir, à cet air de bravoure qui pend sous son menton, à sa carrure. Il émanait du respect, de la grandeur, et une grande gueule.


Mais je l'avais, du bout des doigts, je le tenais de mains fermes. Je l'avais eu sous l'espoir anéanti des autres. Il était à moi, je le savais et il le savait. Ses airs hautains s'enfuyaient à ma venue mais il gardait pourtant cet air royalement fort, effrayant. Nous étions à part égales, tout aussi salops, tout aussi poignants. Je l'avais comme il m'avait. On s'écoeurait au fond. 0n s'écoeurait nous mêmes.

«Qu'est-ce que tu me veux ?»

Je ne pris pas la peine de répondre à sa question, recrachant ma fumée vers son visage séduisant. Au contraire de moi, celui-ci vivait dans le luxe, au dessus même. J'avais de quoi vivre certes, largement, mais je ne l'égalais pas sur ce point. Il se pavanait sous ses mines d'or. Mais je préférais pavaner sous des mines d'herbes, d'argents blanchies. Il y avait là plus de sensations. Avec un sourire victorieux et après deux trois mots échangés, je partis dans d'autres pièces de la maison. Quand je vois cette foule, ce tas de personnes qui n'ont presque aucune limite dans leurs activités, ça me démange. Parce que j'sais bien que j'suis pareille, j'suis même pire que tous ces gens. Je le sais, je le sens. Je contrôle tout ici, sauf moi. Il me semble.




Comme à son habitude, la soirée se termina aussi bien que mal. Un petit mélange acidulé de sexe, de drogues & puis de toute cette ambiance qui nous bouffait. Tout ce phénomène est franchement ridicule et pathétique mais sur le coup on y pense pas. Certains font ça parce qu'ils ont rien d'autres à faire de leurs vies (et sincèrement je les plains), certains ont ça dans le sang et puis certains ont des raisons qui, apparemment, expliquent leur venue ici. 0n est tous un peu menteur sur les bords. J'étais, pour une fois, à l'écart de la baise. Je m'étais assise sur le palier de la porte d'entrée, fumant cigarette sur cigarette. Mon sang chaud s'évanouit et cette sensation d'être en trans s'était échappée bien trop rapidement à mon goût.

«Je peux ?»

J'allais lui répondre négativement, oui car à cet instant précis, j'étais encore plus égoïste qu'à la base ; mais il me coupa dans mon élan et s'empara immédiatement d'une de mes fameuses Lucky Strike. Quel culot. A ma grande surprise, je ne reconnus pas son visage, il ne me disait rien & j'optai sur le fait qu'il s'agit soit d'un petit nouveau perdu, soit d'un passant qui regrettera rapidement sa soirée. Il tenait à peine debout et s'assit à côté de moi. Je continuais à tirer sur ma clope, fixant un point complètement imaginaire jusqu'à ce qu'il interrompe ce silence avec maitrise. Je m'appelle Bill qu'il me dit. Je ne répondis pas, repris mon paquet & me leva sans même un regard, ni même un souffle. Je pris la peine d'ouvrir la porte & de remarquer le foutoir indescriptible de cette maison qui n'est plus. 0n est vraiment des bêtes de foire par moment, ça en devient scandaleux.


Je vis rapidement Raphaël, se tenir droit sur une des chaises du comptoir. Je finis par taper du pied pour qu'il me remarque. Il finit alors son verre d'un trait rapide & me rejoignit encerclant ma taille par un de ses bras. Je crois que nous deux c'était n'importe quoi. Une sorte de relation non-exclusive qui n'en était pas une. 0n se fuyait & dès que nous franchissions un bain de foule, nous faisions comme si de rien n'était. Nous étions faux, moches, dégueulasses. Limite répugnants. J'avais finis ma matinée avec lui, à s'embrasser comme des idiots, à se toucher brusquement. C'était du sexe, pour résumé. Ni plus ni moins que du sexe. Et par fierté, ça me suffisait.


Je crois qu'à la base, je voulais être quelqu'un de meilleur, de plus spontané, de plus énergétique & de plus calme. Mais en y pensant bien, cette phrase n'a aucun sens, aucune valeur morale. Il n'y a là que de l'hypocrisie. Parce qu'au fond, qui voudrait devenir quelqu'un de méchant, de plus sadique s'amusant à manipuler à tout va toute forme humaine. Qui, je vous le demande ? Je crois qu'on nait tous avec une part de méchanceté. Sauf que certains ont une part beaucoup plus poignante et beaucoup plus grande que les autres. En résumé, la méchanceté prend l'devant, prend l'volant.

# Posté le vendredi 28 août 2009 14:12

Modifié le dimanche 29 novembre 2009 13:57

. Chapitre 2 ..« Le chemin infini qui relie l'âme au corps.»

. Chapitre 2 ..« Le chemin infini qui relie l'âme au corps.»


J'entendais du salon les cris hargneux de ma mère. Ils étaient presque stridents au point de nous faire grincer les dents. Mon nouveau beau-père n'aimait sans nul doute les réflexions de ma mère. Je tirais sur ma cigarette dans le vide avant de me lever & de sortir de la maison en prenant soin de claquer la porte. Il était tout juste vingt heures et j'en profitais pour prendre un bol d'air frais. Pourquoi j'habite encore chez ma mère ? Simple, je ne sais pas faire la différence entre besoin et envie au point de dépenser plus d'argent pour mon herbe que pour mon loyer. Alors avec sagesse et courage, j'ai décidé de me réinstaller chez ma mère ; histoire de pouvoir payer ma dope tranquillement. Même si, soyons franc, je passe plus de temps à traîner dans les bars que chez ma mère.


Je finis par apercevoir dans le petit parc du coin Raphaël & une bande de misérable qui s'accroche à sa chair histoire de se faire moins mal en tombant. Vous êtes franchement tombés sur la mauvaise personne. J'avance à petits pas vers eux continuant de tirer sur ma cigarette avec malice. Je regardais R. qui faisait de grands mouvements avec ses bras, & qui ajoutait cela avec un rire mielleux. Qui vous colle à la peau, qui vous fait croire tout & n'importe quoi. La fausseté ne passe pas inaperçu. Ses yeux se tournent enfin vers moi, il s'excuse faussement toujours auprès des autres & s'avance vers moi, un sourire de dégout au bord de nos lèvres.

«Bonjour Chloé.»


J'observais systématiquement ses lèvres qui bougeaient. Une envie de sucre me prend mais je finis tout bêtement par allumer une cigarette avant de lui recracher hargneusement à la figure. Son sourire mit fin à ce visage rigide, dur, poignant.

«J'ai envie de baiser, bouge.»

Il fit demi tour alors pour saluer sa petite bande de merdeux. Qui d'ailleurs était constitué du petit nouveau, Jill ou un truc comme ça. Je ne pris pas la peine de saluer, ni même de sourire à la petite troupe & continua ma route tandis que Raphaël pressait le pas pour se mettre à mes côtés. Je savais que dans tout juste dix minutes, il encerclerait consciemment mes hanches grâce à ses mains pour ensuite accentuait sur un baiser long & langoureux. Je savais que dans peu de temps, il me donnerait des coups de bassins dont je ne désire qu'à moitié. Mais que je désire quand même, au fond.

J'étais à ma fenêtre, très peu habillée tandis que R. s'entrelaçait dans mes draps. Je le regardais se reposer avant la soirée de ce soir. Comme à son habitude, ma cigarette qui s'accrochait au bout de mes doigts empreignait son odeur partout, laissant ces cendres pourrir la peinture du bord de ma fenêtre. Je finis par sortir quelques habits de mon placard. La nuit ne cessait de tomber & après m'être habillée, je pris la peine de bousculer R. pour qu'il se réveille. Il grogne puis finit par comprendre qu'il est l'heure, m'embrasse & part sous l'eau. Ma chambre est crade. Une tasse de café erre sur mon bureau depuis plus d'une semaine, il y a quatre bouteilles d'eau qui tente de s'échapper de sous mon lit, des fringues qui s'étouffent sur ma chaise, des tâches de mégots sur le parquet & mon mur est griffonné, défiguré.



Nous y voilà. Je sens déjà que cette soirée va être mémorable. 0n part s'enfoncer dans cette maison & je perd rapidement Raphaël de vue. Je dévale les pièces une à une, finit par trouver mon petit fournisseur personnel. J'empoisonne à l'arrache mes gencives de poudre avant de rejoindre R. installé confortablement sur un canapé angle squatté par lui & sa bande. Je m'assis sur ses genoux, pique de ses mains le joint & enfume ma gorge avec plaisir. Ses mains virevoltaient sous mon haut. Et je sentais onctueusement l'effet de l'herbe & de la coke s'emparait de mon être. Mais il m'en fallait plus pour pouvoir planer. Il faut toujours plus de toute manière.

A mon plus grand bonheur, il partit s'enivrer dans la foule. Enfin il partait tout d'abord se défoncer la gueule à coup d'C avant de partir danser. Soit. Je quitta rapidement ce canapé & partit dans un autre petit salon, toujours aussi bruyant. De l'autre côté, cela parait plus sensuel. Ici, c'est plus volcanique, rude. Je m'assis dans un coin, m'appuyant sur la table basse, sortant malicieusement le sachet. Tout ça fait très cliché, la drogue, les fêtes, la baise & le son. Tout ça parait tellement aveugle, moche. Comme une affiche. Mais bordel, c'est une affiche. Tout ça n'est qu'une putain d'affiche que les gens observent avec dégoût ou respect. Mais on est derrière nous, on est derrière l'affiche. Y en a qui tente de se barrer, de s'évaporer. Mais avouons le, c'est plus possible. Ce n'est plus de la volonté qu'il faut là, mais bien plus. Beaucoup plus.
J'attaque ma troisième ligne. Le sol me parait mou, un sourire peine à s'affichait sur mon visage.

«Est-ce que je peux essayer ?»

J'étouffais un rire. C'était un rire sournois, malveillant & moqueur. Mais je m'en fous à vrai dire. Je peine à rester sérieuse ayant presque pitié de lui. Il s'assit à mes côtés, regardant la trace qu'il restait. La petite dernière, la cadette. Je lui jeta un billet à la figure & il commença à le rouler soigneusement. Ses mains tremblaient un peu, & il se mordait les lèvres.

«C'est juste pour essayer.»

0h mais ta gueule. 0n essaye jamais. T'y touches, t'y toucheras encore mon vieux. C'est pas de la volonté là non plus. Faut être fort, à tendance suicidaire pour ne plus y retoucher vois-tu. J'exagère peut-être. Tu fais pitié Jill, à te montrer comme les autres qui te sortent la phrase grotesque du type «Rien qu'une fois» . C'est jamais unique cet événement. Plus je le regardais, plus il m'intéressait. Il n'avait rien de particulier, non vraiment rien. Il était beau. Mais pas plus que d'autres ici. Voilà, il faisait parti de la masse, de la foule, de l'ombre. Le bas de la chaîne alimentaire en faite. Mais sa peur, sa fierté à deux balles & son courage qui a prit la fuite me fait rire intérieurement. Il se tape la ligne. Lentement. Il loupe quelques coins alors il repasse deux ou trois fois histoire d'avoir rien manqué. Comme un chien. Il penche la tête en arrière, laissant le reste couler dans ses veines, dans son sang, dans sa chair. Son cou est blanchâtre, il sourit.

«Tu veux jouer Jill ?»

«C'est Bill.»


Qu'importe ton prénom et qu'importe ta réponse. J'ai décidé que ça serait oui. Quoi qu'il advienne.

# Posté le lundi 31 août 2009 07:26

Modifié le dimanche 29 novembre 2009 13:55

. Chapitre 3 .. « Tu sais moi avant toi, j'en ai piétiné des coeurs. »

. Chapitre 3 .. « Tu sais moi avant toi, j'en ai piétiné des coeurs. »


Il me semble que cela fait quelques jours que je ne suis pas retournée chez moi. Et je n'ai d'ailleurs pas pris la peine de prévenir ou d'alerter ma mère. Qu'elle se fasse du mouron elle même. Si elle avait un tant soit peu peur pour ma gueule, elle n'aurait pas attendu des jours entiers avant d'émettre ne serait-ce qu'un ridicule coup de fil.

«A quoi penses-tu ?»

Je restais assise sur le bord du lit, la fumée de ma cigarette m'avait amené à d'amères réflexions qui furent rapidement coupées par le timbre de voix insignifiant de Raphaël. Je ne pris donc pas la peine de répondre, il se place face à moi, & je sais bien qu'il essaye d'y trouver quelque chose dans l'fin fond de mon visage. Juste un truc ridicule, un signe, une connerie à deux francs qui pourrait lui faire comprendre ma mauvaise humeur. Mais il n'y a pas de raisons en faite. L'argent me fait flancher, la haute réputation qui s'accroche à mes hanches me fait tomber en arrière. Alors mes mauvaises humeurs ne sont dû à rien du tout, si ce n'est à l'air hautain que je viens de prendre.

«Je te connais un peu au fond.»

«Arrête ces mensonges, tu connais rien du tout venant de moi.»

«Faux. Tout comme moi, tu utilises les personnes pour aboutir à tes désirs.»

«C'est peu.»

Il avait sourit, sachant qu'il avait marqué un minable point. Il était reparti au rez-de-chaussé s'enfumer dans la cuisine. J'éteignis mon portable & le balança sur le lit. Nous sommes Samedi & je sais que les soirées où je suis sont quasiment quotidiennes mais celle du samedi n'a strictement rien à voir avec les autres. C'est la plus grosse, la plus déjantée. Celle où vous perdez toutes notions du temps, celle où vos membres vous font mal, celle où le lendemain vous effraie. Celle qui vous bombarde littéralement le coeur. Sûrement l'une des premières fêtes que vous avez fréquenté croyant tout bonnement ne pas vous y accrocher. Mais c'était perdu d'avance.


Une odeur de marijuana chatouillait mon nez tandis que la trace que je venais de prendre agressait mon système nerveux. Mes mains tremblaient, les cuisses de R se trouvaient moins confortables. Chacun de mes membres devenaient durs, puis mous, puis durs et ainsi de suite. Sans aucun hasard, j'eus la chance ironique de croiser Bill que j'avais embarqué dans mon délire névrosé il y a de cela un mois. Je le laisse fortement patauger. Je n'ai pas le temps de lui parler que R. m'embarque maladroitement à l'extérieur de la maison bombée.

Me claquant violemment contre un mur, je sens ses mains moites caressaient le bas de mon ventre. Sa respiration est moche à entendre, il panique je le sens. Comme c'est comique, il ne tient pas à la défonce ce petit joueur. Je l'embrasse, mordant ses lèvres, sa langue. Il frémit, gesticule comme un fou essayant non habilement de retirer mon short. Son visage bouillonnant de plaisir s'immisce dans mon cou. Il finit enfin par rentrer comme un bourrin oubliant toute la douceur même qu'il m'avait procurer quelques heures auparavant. Et ce n'est certainement pas les gens circulant dans le jardin grand comme votre maison qui arrêtera les coups de bassins brutaux de R. Il y a un an, presque deux, de cela il m'aurait fait attendre, il m'aurait rendu folle, il m'aurait desséché pour que mes membres craquent pour de bon. Il y a un an ou deux de cela, il m'aurait laissé crever dans ce jardin après m'avoir allumer. Mais à l'heure actuelle, il n'en a plus la force. Et il le sait.


Je suis repartie dans le bordel dégénéré de cette maison. Les lumières rouges foncés assombrissent la maison et les personnes ne sont que des ombres habilement entrelacés. Les yeux fermés, je pourrais deviner qu'il y a de la baise derrière le canapé, sur le bar, sur les marches d'escalier & probablement à côté de moi, mais soit, je n'en ai que faire. Rien ne m'atteint, et quand je vous dis rien, c'est rien.

«Bonsoir.»

La voix hurlante n'était autre que celle de Bill. Il me souriait avec son air débile du petit nouveau de la bande. Fier d'avoir su se taper trois traces à la suite & d'avoir niquer une première fille sur l'accoudoir du canapé devant tous ces potes. Le prototype même de nouveau perdu. Il parlait mais la musique était forte, abondante alors je tourna subitement les talons pour me diriger envers une deuxième cuisine plus éloignée & moins fréquentée. Je ferme alors la porte le regardant s'installer confortablement sur l'un des meubles de cette cuisine. Pas plus de dix personnes y traînent dont deux couples et quelques soit disant amis qui se roulent LE joint du siècle. Prenons ça pour de l'humour noir.

«0n ne s'est plus reparlé depuis la dernière fois. Je croyais que tu voulais qu'on apprenne à se connaitre, ou quelque chose dans ce genre.»

«Que je voulais jouer, pas te connaitre.»

«Et qu'en est-il du jeu ? Il consiste en quoi ?»


J'avais envie de rire. Il était vraiment nouveau. Ça pétillait dans ses yeux, il y voyait du beau, de l'action. Un espèce de actions ou vérités. Pauvre con, comment as-tu fait pour atterrir ici aussi pommé. Je le laissais se noyer dans ses ébats forts ennuyant tandis que je m'allumais une clope. Il faisait bouger ses bras comme un gosse de trois ans. Je le trouve vraiment d'un pathétisme époustouflant. Il regardait éc½uré les deux personnes à côté (ou trois) qui s'envoyaient rapidement en l'air. Il fit une grimace et je savais désormais qu'il était sensible aux actes des autres, rapidement envahi par le dégout. Je ne me rappelle pas avoir été comme ça. En réalité, je ne l'ai jamais été. Je suis venue comme ça, en sachant déjà tout. A quelques détails près qu'on avait oublier de me préciser & qui m'ont coûté cher.

«Tu as sûrement raison, nous devrions commencer dès maintenant Bill.»

Un matin, je me suis réveillée. Il devait être tout juste neuf heures du matin, les gouttelettes de pluies qui tapaient sur les fenêtres m'ont réveillé. Ce matin là, je m'étais réveillé ailleurs que chez moi, pour l'une des première fois. Ce matin là, je me suis réveillée au beau milieu d'Hommes nus. Tous en train de dormir ou de tomber dans le coma. Je ne savais pas ce matin là, qu'en m'étant réveillé au beau milieu d'une orgie, j'allais y passer des années entières. Je ne savais pas que j'allais oublier le dernier réveil matin où je ne me suis pas jeté sur un joint ou une pilule pour éviter le manque brutal. Je ne savais pas que j'allais finir ma vie ici, en finissant par apprécier la drogue. Et les orgies. Et je veux que Bill, à compter d'aujourd'hui, oublie les matins agréables. Bill doit finir par apprécier la drogue. Et les orgies.

# Posté le samedi 05 septembre 2009 16:13

Modifié le dimanche 29 novembre 2009 13:53